samedi 24 septembre 2011

La double vie de toute recherche

Telle serait la double vie de toute recherche, son double plaisir ou sa double tâche : ne pas perdre la patience de la méthode, la longue durée de l'idée fixe, l'obstination de ses soucis prédominants, la rigueur des choses pertinentes ; ne pas perdre non plus l'impatience ou l'impertinence des choses fortuites, le temps bref des trouvailles, l'imprévu des rencontres, voire des accidents de parcours. Tâche paradoxale, difficile à tenir par ses deux bouts - ses deux temporalités - contradictoires. Temps pour explorer la voie royale, temps pour scruter les bas-côtés. Les temps les plus intenses étant probablement ceux où l'appel du bas côté nous fait changer de voie royale, ou plutôt nous la fait découvrir pour ce qu'elle était déjà, que nous ne comprenions pas encore. A ce moment, la désorientation de l'accidentel fait apparaître la substance même du parcours, son orientation la plus fondamentale.

Georges Didi-Huberman, Phasmes - essais sur l'apparition


2 commentaires:

  1. Très éclairant comme citation, grande justesse de la réalité du travail de recherche (artistique mais pas que).
    Alxd

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  2. Oui ça me fait penser aussi à ce texte de Claro sur son blog :
    http://towardgrace.blogspot.com/2011/09/ecrires.html

    -n

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