mardi 28 février 2012

Les Courtes pièces politiques aux éditions des Deux corps


Plusieurs auteurs du collectif étaient présents samedi et dimanche au festival Rue des Livres, sur le site Ropartz à Rennes, accueillis sur le stand des éditions des Deux corps. L'occasion de présenter les Courtes pièces politiques, recueil de 6 textes de Lumière d'août écrits en 2006 et qui sont édités, 6 ans plus tard. Premier ouvrage rassemblant les 6 auteurs du collectif, évènement !

mercredi 22 février 2012

Boris Mikhailov / atelier à la Criée


Il est fort possible que l’historien du futur considérera ce début du vingt-et-unième siècle comme l’époque au cours de laquelle la photographie aura radicalement changé de statut - quittant celui d’outil permettant de représenter la réalité, pour adopter celui d’un élément constitutif de la réalité elle-même, ni plus ni moins consubstantiel à nos vies quotidiennes que l’eau du robinet ou l’asphalte des trottoirs. Nous considérons de moins en moins une photo en tant que trace ou que support de souvenir, ni même comme l’enregistrement d’un moment : ce sont les moments vécus eux-mêmes, lourds d’une pluie d’images immobiles, qui appellent le cadrage et les retouches numériques. Paparazzi, mondains munis de portables, journalistes, techniciens, touristes, parents consciencieux, R.P de soi-même sur myspace ou facebook.com, nous sommes tous pris dans cette temporalité iconique, que rythme la petite syncope de l’image gelée. En un mot, dans un monde qui se définit par la représentation, qui s’enregistre en permanence et se contemple en train de s’enregistrer, l’image fixe est un simple moment du mouvement.

Nicolas Bourriaud in Boris Mikhailov, I’ve been here once before / J’ai déjà été ici un jour.


(Atelier d'écriture à la Criée, sur l'expo de Boris Mikhailov. L'extrait de Bourriaud n'a pas grand chose à voir avec ce que nous avons fait, mais je le trouve intéressant.)

lundi 20 février 2012

samedi 18 février 2012

L'excédent

Je partirai d'un fait élémentaire : l'organisme vivant, dans la situation que déterminent les jeux de l'énergie à la surface du globe, reçoit en principe plus d'énergie qu'il est nécessaire au maintien de la vie : l'énergie (la richesse) excédante peut être utilisée à la croissance d'un système (par exemple d'un organisme); si le système ne peut plus croître, ou si l'excédent ne peut en entier être absorbé par sa croissance, il faut nécessairement le perdre sans profit, le dépenser, volontiers ou non, glorieusement ou sinon de façon catastrophique.
Georges Bataille, La Part maudite, 1949

samedi 11 février 2012

lundi 6 février 2012

Atelier d'écriture

Avec la Criée, centre d'art contemporain de Rennes, et Lumière d'août, collectif d'auteurs et compagnie de théâtre. Autour de l'exposition Salt Lake de Boris Mikhailov. 49 photos à découvrir et peut-être autant de récits à raconter, de fictions à écrire pour restituer aux images une ou des histoires et une sonorité... La Criée, en partenariat avec la compagnie Lumière d’août, propose des ateliers d’écriture à partir de l’exposition de Boris Mikhailov. Les auteurs Alexandre Koutchevsky et Alexis Fichet accompagneront les participants dans la création de fictions à partir des scènes photographiées par l’artiste ukrainien.

Calendrier
- mercredi 15 février, de 9h30 à 12h30 : atelier et découverte des œuvres avec Alexandre Koutchevsky et une médiatrice du centre d’art / COMPLET
- mercredi 22 février, de 9h30 à 12h30 : atelier et découverte des œuvres avec Alexis Fichet et une médiatrice du centre d’art
Inscription
Gratuit sur réservation. Inscription jusqu'au 10 février auprès de Nathalie Georges : 02 23 62 25 11 / n.georges@ville-rennes.fr
Lieu
La Criée, centre d'art contemporain Place Honoré Commeurec - 35000 Rennes
[plan en cliquant ici]

Boris Mikhailov, série ’Salt Lake’, 1986, C-print, 60 x 84 cm, édition de 7 - © Courtesy Galerie Suzanne Tarasiève, Paris

samedi 4 février 2012

Mike kelley 1954-2012

Ne croyez pas que c’est si simple, juste des saucisses et des trous. Il y a toujours la critique du système commercial, et puis la déconstruction des grandes icônes : je fais des popeyes, des Santa Claus, des pirates. Every thing is fabrication culturelle, et je la démonte. Par exemple je fais un huge Santa Claus avec un huge plug dans la main. You see ? A sexual branchement with Santa Claus. It’s fun, but critique. Et je fais des install beaucoup plus complexes, avec les restes des performances, les odeurs, les ambiances de la vidéo, le feeling, un espace vivant, alive. Des fois on fait ça à deux, avec my friend Mike Kelley. On aime bien, oui, les grandes install. Le théâtre ça me plait pour ça, actually, et que le public circule. Inside. Entre les formes. Il y a déjà une histoire, du vécu, dans la sculpture. A life. S’il y a eu un vécu, il y a une vie. Une épaisseur. J’espère que vous sentez l’épaisseur des formes. En vidéo ça n’y est pas toujours, même si on voit la matière. We should… Il faudrait pouvoir reproduire. L’impression, les sensations, les vibrations. Toutes ces choses, tous les feelings. On dit percepts, en français, non ? Les concepts et les percepts ? Avec Mike we did… On a une oeuvre qui est tout ça à la fois. L’œuvre s’appelle Sod and sodie sock comp. Elle remplit une salle, un peu comme ici. Il y a des tentes militaires, vertes, grandes, un peu comme ici. Et du bruit, a sort of… fureur. A lot of fureur. It’s hard to. C’est difficile à représenter, la fureur, mais il en faudrait beaucoup. The people, nowadays… Aujourd’hui les gens ont le bruit, font le bruit, mais ils n’ont plus la fureur.


Hamlet and the something pourri, ed. Solitaires intempestifs, 2010

jeudi 2 février 2012

La république des ignorants

Ce soir, je participe à une réunion qui décide, de manière masquée, de la survie ou non d'un établissement scolaire rural.
Masquée : le pouvoir se masque, c'est-à-dire qu'il avance sans bruit, sans mots, sans images. Le pouvoir ne montre plus ses atours, comme il l'a pu faire autrefois. Sous Louis XIV, le pouvoir est un corps dans un château ; à la Révolution, le pouvoir est un discours ; durant la Seconde Guerre mondiale, le pouvoir est une voix (Londres ou Berlin); durant la Guerre du Golfe, il est une image.
Mais aujourd'hui, à quelques centaines de mètres du lieu où j'habite, le pouvoir (sous les traits d'une femme blonde et bouclée, enveloppée d'un élégant châle rouge) se tait. Il avance feutré ; il communique peu, et ses mots, creusés, dissimulent un vide énorme. On gratte la pellicule, et l'on tombe, si l'on n'y prend garde ! La stratégie du pouvoir, c'est de ne pas se dire. Aucune information n'est transmise. C'est la vieille stratégie du diable : faire croire qu'il n'existe pas !

Tout est caché, il n'y a pas de menace, il n'y a qu'un statu quo, une légère évolution qui en a à peine l'air, un changement minime et confortable. Tout sera comme avant. Comme avant, mais l'être sensible sent bien que ce nouveau réel a une autre saveur. Le nom va changer, discrètement, le numéro va changer. Tout va glisser, confortablement, dans la confiance.

LE PATRON. - Vous savez que j'ai l'habitude de travailler dans la confiance.

La confiance remplace la garantie. Jette-toi dans le vide, petit, et fais-moi confiance. L'élégant Disney, en son temps (1967), avait déjà tout dit :

video

Les mots sont murmurés ; le silence prend toute la place.

Lutter contre un ennemi fort et visible est facile. Nous voyons ses défauts, et nous aimons le rapport frontal : la force du collectif nous permet souvent de gagner, même contre l'ennemi le plus gros.
Mais contre le silence, la lutte ne peut être la même. Nous sommes comme cette histoire où les rabbins touchent l'éléphant dans le noir. L'un capte la trompe, l'autre les pattes, l'autre la queue. Mais lorsqu'ils comprennent ce qu'ils touchent, il est déjà trop tard : l'éléphant leur a déjà fait la tête au carré.
La stratégie du pouvoir, aujourd'hui, c'est la guerre de l'information : ne rien dire, nier le plus possible, ne s'engager sur rien. Le pouvoir prend ses leçons sur les séries américaines : "The Government denies knowledge."
Est-ce un hasard si cette stratégie apparaît précisément à une époque où la crise de l'autorité du savoir est la plus grande ? Où les scientifiques se débattent dans des affaires de plagiat ? Où Wikipedia devient l'une des forces vives de la connaissance humaine et démocratique ? Où le professeur ne représente plus, pour la plupart des gens, l'autorité du savoir, mais où tout le monde se donne le droit d'en savoir plus et mieux que son voisin - et surtout que l'institution ?
Le pouvoir communique moins parce qu'il sait que chacun d'entre nous est né dans l'ère du soupçon. L'information se monnaye, se dilue, se négocie. Elle se scénarise (voir la manière dont furent distillées et orchestrées les "révélations" de l'affaire DSK), se dramatise. Elle se la joue stratégique partout, et même dans le lieu de sa pure neutralité (l'école).
Aujourd'hui, même les professeurs ne sont plus assurés dans le processus de transmission de l'information. Nous sommes tous des ignorants.

mardi 17 janvier 2012

J'habiterai la nuit

En 2011, Alexis Fichet a mis en scène pour le théâtre de Folle Pensée la pièce J'habiterai la nuit, de Olivia Duchesne, auteur de Nouvelle Calédonie. Après Nouméa, Conakry et Nancy, la pièce est reprise à Saint-Brieuc les 26, 27 et 28 janvier. Plus d'informations ici. Le samedi, l'après-midi sera l'occasion d'une lecture et de rencontres :

PROGRAMME DU SAMEDI 28 JANVIER 2012

/lecture publique
Lecture de « Paysage intérieur brut » – 14h15/15h30.
« Paysage intérieur brut », le « Portrait avec paysage » de Marie Dilasser, lu par Nadine Berland, dans une mise en espace de Christophe Cagnolari.

/théâtre et politique - conversations publiques
Première conversation – 15h30/17h.
Comment la jeune génération d’auteurs et de metteurs en scène de Bretagne et d’ailleurs parle-t-elle de politique ?

Deuxième conversation – 17h30/19h.
Les artistes, les reponsables artistiques, les directeurs de théâtre, les politiques se parlent-ils encore ? Où en est le dialogue entre nous ? Quelles perspectives partageons-nous ?
Des compagnies, des artistes très engagés et très actifs, en Bretagne et ailleurs, seront là pour partager cette réflexion avec des directeurs de théâtre, des responsables culturels, des élus territoriaux, des élus du Parlement, et avec le public.

/spectacles (successivement)
« Le point de Godwin » de Damien Gabriac, et « J’habiterai la nuit » – 20h30.

lundi 16 janvier 2012

jeudi 5 janvier 2012

Nihil inhumanum a me alienum puto

Rien de ce qui est inhumain ne m'est étranger.

Oleg Kulik

jeudi 15 décembre 2011

Textes d'atelier sur wikiradio UEB

L'atelier d'écriture mené par Lumière d'août en partenariat avec le Service culturel de l'Université Rennes 2 se propage sur les ondes... Depuis quelques semaines sur la wikiradio de l'Université européenne de Bretagne, un des participants anime une émission où il lit quelques uns des textes réalisés pendant l'atelier du mercredi soir. C'est ici pour la première émission. Merci à Matthieu de faire vivre ces textes.

lundi 12 décembre 2011



Présentation publique de l’atelier adulte semestriel encadré par le collectif Lumière d’août
Jeudi 15 décembre à 20h30 au Théâtre du Cercle

Après seulement quelques séances d’expérimentation, nous ouvrirons cet atelier où nous avons exploré un dispositif ludique de présence à partir d’une pièce sur l’économie et la crise des subprimes. Au programme donc, prise de risque financière, mais aussi prise de risque des participants de l’atelier qui se jetteront dans une aventure plus ou moins contrôlée…

INFOS PRATIQUES
Entrée gratuite
Durée : environ 50 minutes
Réservation fortement conseillée, jauge réduite : 02 99 27 53 03 ou tdc@cerclepaulbert.asso.fr

dimanche 11 décembre 2011

Verveine 3


Valentina Fago et Garance Dor

Après il y avait un extrait de Terres vaines, projet vidéo de Brigitte Perroto et Augustin Gimel sur les frontières disparues, associé à des textes d'Alexandre Koutchevsky.


Nicolas Richard et Alexis Fichet

Merci à Maud Bernard-Griffiths , Gweltaz Chauviré, Alexandre Koutchevsky.

dimanche 4 décembre 2011

Soirée Verveine 3

théâtre / littérature / vidéo

vendredi 9 décembre à 21h
au Théâtre du Cercle (Rennes)

Soirée Verveine #3Alexis Fichet, Nicolas Richard, Garance Dor, Brigitte Perroto et Augustin Gimel


Pour la troisième année consécutive, Lumière d'août propose une soirée Verveine, comme un mini-festival concentré sur une soirée, avec des performances, de la vidéo, des lectures...

Les Soirées Verveine sont l'occasion de découvrir, à travers desformats courts, des expérimentations aux frontières du théâtre et de la performance, du texte et de la vidéo...



Au programme

Garance Dor, artiste invitée de cette édition, lira Quelque chose, un texte d'une vingtaine de minutes, écrit spécialement pour cette soirée.

Brigitte Perroto et Augustin Gimel, vidéastes, montreront un travail en cours, Terres vaines, avec des textes d'Alexandre Koutchevsky.

Enfin, Nicolas Richard et Alexis Fichet présenteront une étape de leur projet Grise : une tragédie grecque au cœur des subprimes, un projet à deux voix pour s'effrayer et rire de la crise.

Informations pratiques

Tarifs : 5 € / 4 € avec la carte sortir!

Infos et réservations : 02 99 27 53 03 ou tdc@cerclepaulbert.asso.fr

Baby-sitting : service gratuit. Les baby-sitters prennent en charge vos enfants pendant la représentation dans les locaux du Théâtre du Cercle. Inscription obligatoire avant le 8 décembre. 02 99 27 53 03 outdc@cerclepaulbert.asso.fr

Adresse : Théâtre du Cercle – 30bis rue de Paris – 35 000 Rennes

Plan d'accès au Théâtre du Cercle [en cliquant ici]

mardi 29 novembre 2011

Et allez donc

Quand les adultes délaissent leur responsabilité à l'égard des mineurs, ils la transfèrent sur ces derniers... comble de l'irresponsabilité.
L'UMP veut un code pénal pour les mineurs avec des sanctions dès 12 ans.

dimanche 27 novembre 2011

Peloton à Château-Arnoux


Vendredi soir, invité par Sonia Chiambretto, j’ai lu Peloton au Théâtre Durance à Château-Arnoux, ville située entre Dignes les bains, Manosque, et Sisteron.

Sonia Chiambretto, auteur associée au Théâtre Durance, lisait Zone d’Education Prioritaire avec Thierry Raynaud.

Son texte Police ! qu’elle avait lu lors de la première Soirée Verveine au Théâtre du Cercle à Rennes est publié par grmx éditions.

samedi 26 novembre 2011

Comment rembourser vos dettes avec rien

Nous sommes dans une petite ville de province. Une jeune femme débarque un vendredi matin.
Elle réserve une chambre pour la nuit à l'hôtel de la Gare et, comme elle n'a pas de bagage, elle laisse en acompte un billet de 100 euros, tout neuf. Puis, elle s'en va visiter la vieille ville.
Le pâtissier, qui a vu la scène dit au patron de l'hôtel : "Cela fait six semaines que vous me devez 100 euros pour la pièce montée que j'ai livrée à l'occasion du mariage de votre fille."
Le patron lui donne le billet de bonne grâce. Comme cette scène a été vue par d'autres, elle se reproduit cinq fois, car le pâtissier devait aussi 100 euros au minotier... qui en devait autant au garagiste... lui-même débiteur de cette somme au boucher... qui avait à régler 100 euros au représentant de la maison Erlida... lequel devait à son tour acquitter sa chambre à l'hôtel de la Gare pour 100 euros. Il redonne donc le billet au patron de l'hôtel.
Ce vendredi soir, en rentrant de promenade, la jeune femme annonce, qu'ayant fait une rencontre, elle annule sa réservation. L'hôtelier lui rend donc son billet. Elle le regarde de près et le tient dans la lumière.
"C'est effectivement mon billet".
Elle sort un briquet et le brûle.
"C'était un faux billet", dit-elle en souriant, se tourne et s'en va.

Extrait librement réadapté de La Face cachée de la monnaie.

mercredi 23 novembre 2011

Olivia Duchesne et Jean-Pierre Siméon à l'IMEC

Avons été hier avec Damien Gabriac jusqu'à L'Imec, à Caen, où Olivia Duchesne est en résidence pour plusieurs semaines. Elle avait invité Jean-Pierre Siméon à partager avec elle cette soirée animée par Yoann Thommerel. La discussion a porté sur l'importance de la langue au théâtre.

Olivia Duchesne est auteur, elle participe au projet Portrait avec paysage du théâtre de Folle Pensée, projet qui a vu la création du texte de Damien, Le point de Godwin, et de celui d'Olivia, J'habiterai la nuit, que j'ai mis en scène. Les deux spectacles seront visible en janvier à Saint-Brieuc.

Dehors, autour de l'abbaye d'Ardenne, les pigeons ne vont pas bien...

Fossiles dans le sol de la salle




Ropartz, rampe d'accès.